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::. Implication des populations dans les projets de développement : cas du village de NIEMPURGUE (Daouda Fofana dit David le Manager)
1) L’HISTOIRE :
Depuis 2001, nous avions relancé les activités d’animation de vacances au village. Cette animation s’appelle « journées culturelles ». Ce qui était convenu est que chaque année lors de ces journées, les fils devraient s’associer pour réaliser un projet commun de développement au village.
Ce premier contact a consisté à déterminer l’histoire du village et l’environnement culturel du village.
Face à un blocage psychologique et émotionnel des cadres de se faire « manger » par les sorciers, nous avons réussi à obtenir un engagement commun et un consensus des vieux, vieilles et tout le village d’épargner toute personne qui vient au village pendant cette période.
En 2002 : nous avons fait une sensibilisation sur les techniques agricoles et les MST
Malheureusement la guerre de 2002 va bloquer notre élan jusqu’en 2006.
Par la suite d’autres acteurs rentrent en scène avec des intentions politiques. Quand bien même leur approche ne convaincra pas la majorité, ils vont l’imposer.
A partir de 2006 jusqu’en 2008, cette retrouvaille basée sur des projets de développement va être transformée par ces partisans politiques (qui sont les dirigeants) en des fêtes honorifiques. Ainsi l’engagement et l’engouement des fils sur le territoire national vont connaitre un déclin au point où il deviendra impossible d’organiser cette retrouvaille par manque de financement.
Sachant qu’en 2002 il fallait plus d’un car de 70 places, 5 voitures personnelles pour transporter les jeunes et parents qui ont peur d’aller au village et qui profitaient de cette rencontre annuelle pour voir leur famille.
Aujourd’hui quand bien même on met à disposition les frais de déplacement pour se rendre au village, aucun volontaire ne se désigne pour s’y rendre pour cette rencontre.
Depuis donc l’échec de 2008 d’organiser une retrouvaille, toute l’organisation s’est désolidarisée au point où il n’ya pas de dirigeants pour coordonner les activités avec le village.
Le retour à l’individualisme développé par les cadres va se limiter aux fils qui sont en dehors du village. Ne comprenant pas cette attitude des hommes lettrés, instruits, la nouvelle génération va revenir à la première vision de 2002 qui visait à réaliser chaque année un projet de développement.
C’est ainsi qu’en 2011, la jeunesse va décider de réhabiliter un logement des maîtres sur leurs propres initiatives sans aviser les cadres (quel cadre ?, quelle organisation de cadre ?...).
2) REUSSITES
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Suite à la sensibilisation sur les techniques agricoles en 2002, l’on a constaté la vulgarisation de la culture attelée et de l’utilisation des herbicides. Cette sensibilisation s’était couronnée par le retour d’expérience d’un paysan du village qui fait facilement une recette annuelle de plus de 20 millions.
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Le fait de vouloir paraitre comme celui que l’on pense supérieur s’est fortement développé.
Je me rappelle, qu’en 2011, il a été décidé que dans 5 ans tout le monde deviendra « des blancs » c’est dire vivre comme les blancs.
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Cette volonté de paraitre se traduit par un message de vérité que l’on peut se permettre sans se moquer de l’autre.
Exemple : il n’est pas rare d’entendre et cela est anodin d’entendre « comment un homme valide peut encore aller au champ sur une moto à pédale (moto bécane) ». En effet avec l’avènement des grosses motos si tu n’as pas de grosse moto tu ne pourras pas emprunter pour ton ami car avant de te la remettre il va te rappeler que la moto se trouve dans la terre. Ou bien s’il ya un déplacement dans un village voisin, tu ne seras pas retenu dans la délégation car ta moto ne fera pas la fierté du village.
C’est la même chose quand tu n’as pas de nourriture, maison en dur, uniforme (habit) …
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Cette concurrence sans que l’on soit aigri fait que chacun veut avoir le minimum d’indépendance.
Aujourd’hui, il est rare de voir un paysan de mon village avoir plus de réalisation que les fonctionnaires communément appelés cadres.
Cette concurrence est passé par :
- la nourriture en termes d’autosuffisance alimentaire à cause de la famine,
- La construction en dur à cause des problèmes d’étanchéité avec les toits en pailles
- L’utilisation des groupes électrogènes pour l’éclairage pour vivre comme en ville
- L’achat de télévision et de parabole pour suivre ce qui se passe dans le monde
- L’achat de grosses motos de dernière génération pour être dans la mode du moment
- La tendance actuelle vise à une maison en dur bien peint, avec des fauteuils et une voiture par cours.
3) DIFFICULTES
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Tout le monde n’a pas la même vitesse. Certains avaient rétorqué que c’est avec leur technique habituelle qu’ils nous ont scolarisés
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Tous les cadres n’ont pas une vision commune du développement
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Nous n’avons pas adopté de méthodologie scientifique avec une situation avec des données statistiques. En 2006 lorsque j’ai pris l’initiative de faire une collecte des données par un recensement des données nécessaires. Cette action a été interprétée par certains dirigeants y voyant des ambitions politiques
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Il y a eu une confusion de la gestion des projets de développement et la politique politicienne.
4) LEÇONS RETENUES
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Pour pouvoir obtenir une implication des paysans dans un projet de développement, il faut savoir les aborder
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Pour savoir aborder les paysans, il faut d’abord les fréquenter pour apprendre à les connaitre
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Tant que tu n’as pas compris le principe de vie et la particularité des populations de la zone, tu ne pourras pas implanter un projet durable
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Ce qui marche souvent pour les projets c’est par l’exemple.
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