L'époque coloniale, malgré les dégâts causés, a transmis à l'Afrique, à travers la culture technicienne et scientifique, les germes du changement. Et surtout, une ouverture à d'autres cultures.

Marcel Zadi Kessy

Renaissances Africaines Editions des îlots de résistance, Paris, 2010, page 93

::.UN VILLAGE COMME UNE « ECOLE DE VIE ».::
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::.LA SOLIDARITE AFRICAINE FACE AU MANAGEMENT MODERNE.::
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::.LA « RESPONSABILISATION » EN AFRIQUE.::
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::.LA PALABRE.::
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::.LE TEMPS EN AFRIQUE.::
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::.CORRUPTION, CLIENTELISME ET MAUVAISE EDUCATION.::
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::.ABSENCE DE CONTRE-POUVOIRS.::
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::.CORROMPUS ET CORRUPTEURS.::
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::.MUR ETHNIQUE.::
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::.LE POISON DU TOUT POLITIQUE.::
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::.LE VRAI COMBAT POLITIQUE.::
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::.PATIENCE, ECOUTE ET COMMUNICATION : CLES DE LA METHODE MZK.::
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::.PERENNITE DES PROJETS DE DEVELOPPEMENT.::
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::.INTERNET ET DEVELOPPEMENT RURAL.::
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::.BENEVOLAT ET DEVELOPPEMENT.::
Lu  1857 fois
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::.L'EDUCATION FAMILIALE.::
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::.FORUM ECONOMIQUE INTERNATIONAL D'ABIDJAN: Les entreprises et les économies africaines face à la crise économique et financière mondiale : menaces, opportunités et mesures de sauvegarde .::
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::.Rôle de la formation dans la lutte contre la pauvreté.::
Lu 2409  fois
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::.Les crises économiques et financières mondiales et leur incidence sur les pays de l'Afrique subsaharienne: Cas de la Côte d'Ivoire.::
Lu 2696  fois
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::.Les pays d'Afrique face à la crise alimentaire, énergétique et financière.::
Lu 1998  fois
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::.Approche participative.::
Lu 2967  fois
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::.VOTE OU CONSENSUS: notes brèves sur la pratique de la démocratie à Yacolidabouo.::
Lu 761 fois
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::.Pouvoir d'achat et lutte contre la pauvreté.::
Lu 3862 fois
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::.Ethique et lutte contre la pauvreté.::
Lu 3155 fois
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::.Apport du cadre dans la lutte contre la pauvreté dans sa communauté (Urbaine et rurale).::
Lu 2887 fois
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::.La création de richesse: pour une stratégie de réduction de la pauvreté.::
Lu 3284 fois
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::.Gestion des revenus des ménages.::
Lu 4127 fois
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::.Processus de gestion des charges familiales.::
Lu 3398 fois
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::.Responsabilité politique.::
Lu 2756 fois
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Ma conviction est fondée sur le fait que si certains traits culturels peuvent constituer un obstacle au développement de l’entreprise en Afrique, il en existe qui, au contraire, peuvent, sous certaines conditions, jouer un rôle catalyseur à l’éclosion de cette entreprise

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::. LA SOLIDARITE AFRICAINE FACE AU MANAGEMENT MODERNE

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Inutile de se voiler la face. Les difficultés d’adaptation des travailleurs et salariés dans nos pays d’Afrique sont considérables. Comment s’adapter aux exigences de management d’une entreprise moderne ? Comment être performant, productif et compétitif, par rapport à des standards internationaux actuels ? Comment préparer l’avenir des salariés et prévoir convenablement sa retraite ? Combien de chefs d’entreprise autour de nous se préoccupent-ils de cette situation de précarité de la vie qui attend les futurs retraités… ?

Voilà quelques-unes des questions que le chef d’entreprise que je suis ne peut éviter aujourd’hui. Pendant qu’ils sont en activité, les salariés subissent des pressions culturelles multiformes qui ponctionnent sans cesse leurs revenus, rendant toute épargne, tout investissement et toute création de richesse quasiment impossibles. Tous les ingrédients d’une vie de précarité se mettent ainsi progressivement en place. Les salariés ne sont pas concentrés sur des objectifs à atteindre, ni sur leurs performances réelles, mais sur la situation précaire de leurs familles ou entourages.

On ne peut laisser des collaborateurs croupir au sous-sol de la pauvreté dans l’indifférence générale, après avoir cheminé avec eux pendant vingt, trente ans, voire plus.

Peu de chefs d’entreprise intègrent cette donnée dans leur système de management pour y apporter une réponse apaisante et rassurante.

La « vision » que je propose devrait permettre à des collaborateurs d’aller à la retraite sans amertume, avec sérénité. Sans éprouver le sentiment d’une vie professionnelle gâchée à tous points de vue. Cette « vision » comporte 2 volets :

   - Le premier concerne une analyse de la dimension économique, sociale et culturelle de ce que le travail apporte au salarié africain ;
   - Le deuxième concerne la manière d’influencer positivement et dans la durée le comportement professionnel du salarié africain en entreprise.

Quel que soit le niveau de rémunération, les revenus du salarié en Afrique sont souvent amputés pour satisfaire des besoins intempestifs et abusifs de sa famille. C’est ce que j’ai appelé la rançon de la « solidarité africaine ». « L’impôt culturel » que tout travailleur se doit de payer tout au long de sa carrière, et parfois de manière imprévisible, à sa communauté y compris à celle de sa belle famille… Et les menaces peuvent être terribles : « sanction mystique », « bannissement (interdiction de séjour au village) », « incantations maléfiques… »
Terrorisés par des pratiques culturelles, les salariés de nos pays sont condamnés à arriver à la retraite sans avoir eu le temps de la préparer convenablement. Pour briser la spirale de la misère et de la déchéance sociale qui les menacent en fin de carrière, ils doivent s’auto-discipliner et affronter leur communauté.

Peu de responsables d’entreprises ont à ce jour pris conscience de ces facteurs socioculturels corrosifs dans le management. Pour ma part, j’ai créé depuis quelques années des fonds sociaux de la SODECI et de la CIE pour aider les salariés de nos entreprises à préparer leur avenir.
Dès sa prise de fonction à la SODECI et à la CIE, le salarié doit être convaincu qu’il sera de la sorte un peu soulagé du « boulet culturel » africain qu’il est censé porter sur ses frêles épaules. Il pourra se consacrer à améliorer ses performances propres.

Pour ce faire j’ai lancé un fonds commun de placement dont l’abondement est fait par l’entreprise, mais aussi par la participation de chacun aux bénéfices et par des placements financiers. Les salariés épargnent des montants qui leur sont mensuellement prélevés sur le salaire selon qu’ils sont cadres, agents de maîtrise ou employés. En dehors de ces cotisations, ils peuvent faire des épargnes facultatives et exceptionnelles pour augmenter leurs avoirs. Ces épargnes revalorisées leur sont alors reversées au moment du départ de l’entreprise. Et ce quelle qu’en soit la cause. Ce fonds permet manifestement aux travailleurs de se constituer une retraite complémentaire. Nous avons aussi lancé des formations des préretraités à la gestion d’un micro – projet fiable et rémunérateur –, mais encore la possibilité d’accéder à la propriété immobilière ou même des incitations au retour à la terre. Pour les aider à réaliser leurs projets, nous avons créé une mutuelle d’épargne et de crédit. Nous avons aussi institué une assurance maladie pour les retraités. Ils gardent ainsi la possibilité d’avoir accès aux soins.

RENAISSANCES AFRICAINES, de Marcel Zadi Kessy, page 104-106

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