L'époque coloniale, malgré les dégâts causés, a transmis à l'Afrique, à travers la culture technicienne et scientifique, les germes du changement. Et surtout, une ouverture à d'autres cultures.

Marcel Zadi Kessy

Renaissances Africaines Editions des îlots de résistance, Paris, 2010, page 93

::.UN VILLAGE COMME UNE « ECOLE DE VIE ».::
Lu 1320 fois
-----------------------------------
::.LA SOLIDARITE AFRICAINE FACE AU MANAGEMENT MODERNE.::
Lu 1508 fois
-----------------------------------
::.LA « RESPONSABILISATION » EN AFRIQUE.::
Lu  1303 fois
-----------------------------------
::.LA PALABRE.::
Lu  1199 fois
-----------------------------------
::.LE TEMPS EN AFRIQUE.::
Lu  1463 fois
-----------------------------------
::.CORRUPTION, CLIENTELISME ET MAUVAISE EDUCATION.::
Lu  788 fois
-----------------------------------
::.ABSENCE DE CONTRE-POUVOIRS.::
Lu  1678 fois
-----------------------------------
::.CORROMPUS ET CORRUPTEURS.::
Lu  1551 fois
-----------------------------------
::.MUR ETHNIQUE.::
Lu  1591 fois
-----------------------------------
::.LE POISON DU TOUT POLITIQUE.::
Lu  1499 fois
-----------------------------------
::.LE VRAI COMBAT POLITIQUE.::
Lu  1523 fois
-----------------------------------
::.PATIENCE, ECOUTE ET COMMUNICATION : CLES DE LA METHODE MZK.::
Lu  2472 fois
-----------------------------------
::.PERENNITE DES PROJETS DE DEVELOPPEMENT.::
Lu  2549 fois
-----------------------------------
::.INTERNET ET DEVELOPPEMENT RURAL.::
Lu  2220 fois
-----------------------------------
::.BENEVOLAT ET DEVELOPPEMENT.::
Lu  1925 fois
-----------------------------------
::.L'EDUCATION FAMILIALE.::
Lu  3345 fois
-----------------------------------
::.FORUM ECONOMIQUE INTERNATIONAL D'ABIDJAN: Les entreprises et les économies africaines face à la crise économique et financière mondiale : menaces, opportunités et mesures de sauvegarde .::
Lu  2965 fois
-----------------------------------
::.Rôle de la formation dans la lutte contre la pauvreté.::
Lu 2493  fois
-----------------------------------
::.Les crises économiques et financières mondiales et leur incidence sur les pays de l'Afrique subsaharienne: Cas de la Côte d'Ivoire.::
Lu 2757  fois
-----------------------------------
::.Les pays d'Afrique face à la crise alimentaire, énergétique et financière.::
Lu 2045  fois
-----------------------------------
::.Approche participative.::
Lu 3035  fois
-----------------------------------
::.VOTE OU CONSENSUS: notes brèves sur la pratique de la démocratie à Yacolidabouo.::
Lu 761 fois
-----------------------------------
::.Pouvoir d'achat et lutte contre la pauvreté.::
Lu 3928 fois
-----------------------------------
::.Ethique et lutte contre la pauvreté.::
Lu 3210 fois
-----------------------------------
::.Apport du cadre dans la lutte contre la pauvreté dans sa communauté (Urbaine et rurale).::
Lu 2946 fois
-----------------------------------
::.La création de richesse: pour une stratégie de réduction de la pauvreté.::
Lu 3345 fois
-----------------------------------
::.Gestion des revenus des ménages.::
Lu 4243 fois
-----------------------------------
::.Processus de gestion des charges familiales.::
Lu 3473 fois
-----------------------------------
::.Responsabilité politique.::
Lu 2812 fois
-----------------------------------
__________________________________

Ma conviction est fondée sur le fait que si certains traits culturels peuvent constituer un obstacle au développement de l’entreprise en Afrique, il en existe qui, au contraire, peuvent, sous certaines conditions, jouer un rôle catalyseur à l’éclosion de cette entreprise

Pour (tapez 1)
Contre (tapez 2)
Sans avis (tapez 3)

Résultats du sondage précédent
__________________________________

Rejoignez-moi sur facebook 




_____________________________________________________________________________________________________

::. LA PALABRE

[Donner votre avis sur le sujet]

Les Européens portent une appréciation forcément négative sur ce terme. Palabrer, c’est perdre un temps considérable ! Je m’inscris en faux contre cette idée. Palabrer, c’est apprendre à écouter. C’est impliquer ceux qui sont autour de vous et chercher ensemble une solution. Le fait d’écouter, d’impliquer autour de moi mes interlocuteurs, de prendre une, deux, quatre heures ou deux jours, si le problème est réglé, il est réglé. Il est injuste et inexact de lier les problèmes de développement ou l’absence de rigueur dans la gestion des biens personnels ou collectifs. Ces problèmes-là sont liés à l’éducation – ou plutôt à une absence d’éducation – de nombre de personnes adultes. Un enfant qui est né et vit dans une maison mal tenue, sale et sans aucun confort ne verra pas réellement le problème que posent les routes mal entretenues, les ordures répandues un peu partout et l’absence de tout aménagement collectif digne de ce nom.

Ce que l’Occident appelle un peu péjorativement « la palabre » est une forme de concertation. Les participants veulent tous comprendre et adhérer au projet. C’est en réalité un débat autour d’un sujet. Les sujets sont toujours concrets et précis. Chacun prend part à la discussion, la décision est prise par consensus. Quand un individu fait délibérément obstruction, on arrête la discussion et le chef le prend à part pour connaître ses raisons personnelles. Mais la décision ne sera finalement prise que quand le récalcitrant aura accepté de rejoindre l’avis du groupe.
Il n’y a pas de perte de temps, si l’on veut bien accepter l’idée que le consensus donnera plus de force et de cohésion à l’ensemble, plutôt que d’accumuler les dissensions. Et les discordes dans la communauté.
Cette tradition est très ancienne. S’il y a un problème à régler dans le village, le chef prendra le temps de réunir tous les hommes pour discuter avec chacun et prendre ensuite la décision qui s’impose. Qu’il s’agisse d’un conflit, d’une date à fixer pour un enterrement, de la décision de construire un nouveau dispensaire… Notons cependant qu’il s’agit traditionnellement de réunions entre hommes ; les femmes ont beaucoup de mal jusqu’à présent à participer à leur égal à ces discussions, même si les choses bougent dans mon village, en particulier. Cette manière de vivre n’est que modifiée à la marge en ville. Les traditions se maintiennent, y compris quand les familles sont installés depuis longtemps en ville.

Je ne prétends pourtant pas qu’il ne m’arrive jamais de prendre seul une décision dans les entreprises dont j’ai la charge. Mais je ne la prends jamais brutalement, sans prévenir ou sans discuter au préalable avec les intéressés.
Selon la nature des problèmes, le temps demandé pour régler une question peut prendre des jours, des semaines ou des mois. Pour moi, ceux qui ne prennent pas le temps d’écouter n’ont pas de considération pour la personne humaine. Quand il y a conflit, et cela arrive régulièrement dans les entreprises, il faut prendre le temps d’écouter les parties en présence. Décider rapidement et sans concertation me semble manifester un réel mépris envers les personnes. Certains directeurs ne reçoivent pas leurs ouvriers, ils estiment que ce n’est pas leur rôle. Ils font, à mon sens, une grave erreur. Il ne faut jamais humilier les gens et encore moins gratuitement. Quand une personne est licenciée dans mon entreprise, la personne peut toujours se défendre. Je donne toujours la possibilité aux agents qui s’estiment injustement licenciés de pouvoir se défendre, par le biais d’une instance de « recours social », dont le rôle est d’analyser à nouveau leur cas. Et de les réintégrer s’il y a lieu, sur la base d’éléments nouveaux.

RENAISSANCES AFRICAINES, de Marcel Zadi Kessy, page 150-152

[Donner votre avis sur le sujet]

Tous droits réservés © 2011 Comité www.marcelzadikessy.org.